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Localisation des sièges sociaux : la revanche des territoires se précise


Des salariés qui choisissent leur(s) lieu(x) de résidence(s)

N'en déplaise aux employeurs et aux recruteurs, une partie croissante des salariés français ont mis à profit la crise récente pour se préparer à "migrer" vers une qualité de vie supérieure. Souvent par un investissement immobilier qui est le reflet d'une volonté claire de partir ailleurs.

Le déploiement du télétravail, s'impose porté par la difficulté de recruter et de conserver les compétences pour les entreprises. Une difficulté qui s'annonce durable et qui impose donc une adaptation des entreprises.




Un impératif pour recruter et conserver les compétences : s'adapter aux attentes des collaborateurs

Le constat est clair et sans appel, les entreprises, si elles veulent attirer les meilleurs profils, devront composer avec des salariés disséminés sur des territoires beaucoup plus distants. Des équipes installées loins des tours de verre qui avaient été imaginés pour concentrer les équipes... souvent à Paris ou dans les grandes agglomérations. Le mouvement est enclenché, il prendra du temps et n'enlèvera pas au siège de l'entreprise sa fonction clef, notamment, notamment d'accueillir les équipes pour des moments de collaboration intenses. Les sièges ce seront surtout des lieux d'expériences collectives, et de moins en moins des espaces de travail imposés.

Des sièges sociaux plus verts, où les espaces de travail, les salons de détente, les cafés, les cuisines comme à la maison... donneront le choix aux salariés de s'installer au mieux selon le profil de leur journée de travail, leurs besoins de calme où de rencontrer du monde...



Mais alors, quelle stratégie nouvelle se présente ?

Les acteurs de l’immobilier, après avoir longtemps vu ce mouvement comme éphémère, en ont pris acte et infléchissent leurs stratégies et le contenu même de leurs préconisations.

Une étude réalisée pour JLL, l'un des leader mondiaux de l'immobilier d'entreprise, et relayée dans un article de Capital lève le voile sur une nouvelle tendance logique mais qui valide enfin la nouvelle donne : l'essaimage des espaces de travail en permettant, quand c'est possible, aux salariés de travailler au plus près de là où ils veulent vivre.




Télétravailler, oui mais dans un environnement agréable… donc pas toujours seul à la maison !

Le télétravail n'en fini pas de gagner du terrain mais il a l'inconvénient de désocialiser certains salariés.

Pour permettre aux télétravailleurs de travailler dans de bonnes conditions et parmi d'autres, les entreprises commencent à permettre l'accès de leurs employés à des espaces de coworking proches de leur domicile : 48% des entreprises envisagent de déployer ce relais. Il faut préciser que la fondation Travailler Autrement promeut le chèque bureau, au même titre que le chèque déjeuner, il serait pris en charge par l'employeur et accorderai au télétravailleurs la possibilité de choisir son espace de travail.

Attention, les salariés, habitués à un confort de travail proposé par leurs bureaux "parisiens" ou par le confort de leur bureau à la maison, attendront des espaces de coworking un niveau de qualité équivalent. Une variété des espaces également.

Regrouper les salariés dans des espaces de travail déployés près de chez eux

Les grandes entreprises devraient, à l'avenir, mettre à profit une partie des économies réalisées en réduisant leurs mètres carrés de bureaux au niveaux des sièges, pour déployer des espaces de travail plus petits qui regrouperont les salariés résidents à proximité. Blablacar par exemple annonce qu'elle s'engage à créer un bureau local dans les villes d'où plus de 15 salariés souhaitent travailler.

Outre une qualité de vie intéressante proposé aux salariés distants, il est facile d'imaginer l'impact positif d'accorder le choix de lieux de vie aux futurs collaborateurs dans les recrutements.


Demain, les territoires devront attirer ces "mini sièges sociaux"

Ces espaces plus ou moins grands, souples donc, accueilleront des collaborateurs et devront proposer salles de réunion et de créativité, salles de formations, bureaux... Et peut être aussi de la vie, c'est à dire la présence d'autres entreprises, d'autres télétravailleurs.

Ces espaces existent : Les tiers-lieux ou lieux hybrides tels qu'ils se développent sur les territoires aujourd'hui.

Que ce soit à Tiercé (49) avec le Lieu Beta, à Ruillé sur Loir (72) avec Loircowork, Villaines-la-Juhel (53) avec l'Ampère (ouverture en juin 2022) ou encore à Mamers et Bonnétable (72) avec Maine Saosnois Coworking, que j'accompagne, les lieux prévoient espaces de travail, cuisine, salles de réunion et bureaux pour accueillir de façon plus pérenne, des entreprises qui s'implantent.

Les communautés de résidents de ces lieux comptent de nombreux télétravailleurs dont certains employeurs pourraient tout-à-fait demain, décider d'implanter un espace de travail. Ils sont les ambassadeurs du territoire.

Ils profiteraient ainsi des structures collectives de ces lieux (salles de réunion, de formation, salles de créativité... souplesse des espaces de coworking pour l'accueil de collaborateurs nouveaux et imprévus)



Pour attirer l'implantation des futurs "mini sièges locaux" les territoires devront mettre en place un contexte favorable : Aides au recrutement local pour aider l'entreprise à y grandir, création de formations pour produire les compétences rares, mettre à disposition les équipements permettant l'accueil ponctuel d'équipes en formation ou en réunions de travail, dans de bonnes conditions, organisation d'animations pour bien accueillir les nouveaux résidents... Une stratégie complète et originale est à mettre en place puis à faire connaitre.


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Loïc RICHER

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