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Nouveaux tarifs télétravail, la SNCF va booster la migration vers la province



Les travailleurs pendulaires, ceux qui le matin tôt prennent le TGV pour Paris, reprendront leur navette mais moins souvent. Les accords de télétravail se multiplient qui proposent de 2 à 3 jours de télétravail par semaine aux salariés volontaires. La SNCF, avec des tarifs jusqu'alors construits pour des allers retours quotidiens, devait s'adapter, au risque de perdre ses clients. Ce sera chose faite au 1er septembre avec un tarif pour 250 voyages /an. « Cela représente deux à trois aller-retour par semaine, ce qui correspond à la majorité des accords de télétravail qui sont actuellement négociés dans les entreprises, indique Jérôme Laffon, le directeur marketing de SNCF Voyages, interviewé dans les colonnes du Parisien.

Un exemple d'évolution tarifaire ?

De 586 € mensuel à 351 €... pour un abonnement Paris - Lille pour des télétravailleurs qui font la navette environ 2 à 3 fois par semaine. Cela va faire des heureux et placer Lille, mais également Le Mans ou Tours, comme des alternatives très très crédibles à la vie parisienne. Ces villes, mais également les territoires plus ruraux qui les entourent, bénéficieront d'un coup de pouce "niveau de vie" très intéressant dans leur bataille pour attirer de nouveaux actifs.



Le Mans, où je vis une partie de l'année fait parti de ses villes qui accueillent de nombreux nouveaux résidents.

La ville affiche des tarifs immobiliers en hausse mais encore très accessibles. Une maison de trois chambres avec jardin accessible à pieds de la gare s'affiche à moins de 250.000 euros. La ville est à moins d'une heure de Montparnasse et offre des départs quotidiens par TGV directs vers Nantes, Rennes, Lyon, Marseille, Strasbourg...!

Les mancelles et manceaux qui travaillent à Paris devaient débourser chaque mois 519€. Le nouveau tarif, qui compte moins de trajet, passe à 311 € avec l’abonnement télétravail pour la navette en seconde classe. Pour un forfait de 250 voyages par an, en dehors du vendredi il faut le préciser. La majorité des conventions télétravail des entreprises rentrent donc parfaitement dans les cases de ce nouveau forfait.


Je parlais d'une "nouvelle géographie du travail" au début de la pandémie, en insistant sur une tendance déjà enclenchée mais que la pandémie allait accélérer. Il apparait clairement aujourd'hui que cette nouvelle géographie s'imposera dans la durée et permettra à des territoires d'accueillir de nouveaux actifs, loin de leurs bureaux.

Est-ce à dire que tous les territoires vont réussir à attirer, et encore mieux, à conserver les nouveaux actifs télétravailleurs ? Pas sûr.



Des territoires plus ou moins "télétravail friendly".


Afficher une qualité de vie, des prix d'immobilier attractifs, une vitalité culturelle, tout cela est important mais pas suffisant. Les candidats au déménagement vers la province, analysent les coûts mais pas seulement. Ils veulent un territoire d'où ils pourront travailler correctement. D'où, demain, peut-être l'un des membres de la famille devra pouvoir entreprendre.

Si le télétravail est encore soumis au reflex d'être effectué à la maison, cela changera. Le mal-être ressenti par beaucoup de télétravailleurs bloqués à la maison s'exprime déjà. On peut également penser que le mélange lieu de vie avec lieu de travail ne sera pas toujours supporté. Des lieux, encore trop souvent absents dans les territoires, les tiers-lieux, devraient se généraliser.

Les tiers-lieux seront demain les véritables nouveaux "bureaux" des très nombreux télétravailleurs. Lieux plus ou moins accueillants, lieux plus ou moins vivants, ils seront aisément évalués, via Internet, par les candidats à l'implantation. Cela veut dire qu'un espace dit de "coworking" sera assez rapidement disqualifié s'il n'est pas un véritable lieu de vie. La vitalité et l'attractivité de ces nouveaux lieux de sociabilité, et d'entrepreneuriat fera la différence. Si les aires urbaines voient se développer des offres privées, les villes moyennes et les territoires ruraux devront, comme souvent, prendre l'initiative de créer des lieux vivants. Le plus difficile n'étant pas de créer le lieu mais d'y assurer de la vie et donc de l'attractivité et cela de façon durable et participative. Afficher un véritable ADN construit avec les résidents et l'écosystème qui l'entoure. La chose est plus complexe qu'il n'y parait. Mon dernier podcast donne d'ailleurs quelques piste en reprenant les leviers que je mets en oeuvre dans les territoires et entreprises que j'accompagne.

Lieux de travail, d'apprentissage, d'entrepreneuriat, de réseautage, de sociabilisation, d'accueil de nouveaux habitants, de collaborations, d'innovation, de fabrication (fablab...), les tiers-lieux sont beaucoup plus qu'une nouvelle offre de bureaux animés par quelques ateliers en soirée.

Tout cela transparaît bien sur les sites Internet de ces tiers-lieux où les candidats ne manqueront pas d'aller glaner l'information nécessaire. Attention donc à y être (bien) présent !




La démarche Loircowork de la Communauté de Communes Loir Lucé Bercé (Sarthe) ou encore celle, en Anjou, du Lieu Beta lancé récemment par la Communauté de Communes Anjou Loir et Sarthe s'appuient l'une comme l'autre sur la mobilisation des acteurs et une capacité à provoquer de belles opportunités de dynamiques complémentaires (formations, club d'entreprises, fablab...). C'est le format de mission que je décris dans le chapitre "développement territorial agiles" du Guide Permanent du développeur économique dont je suis l'un des co-auteurs.



L'offre d'un territoire, un produit comme un autre à référencer, pour Google


Trop souvent les sites Internet créés par les territoires et leurs agences oublient la phase SEO, référencement naturel, dans leur stratégie. Un design attrayant, un contenu intéressant et renouvelé, un workflow de validations... Tout cela est important mais, chacun en conviendra, si le site internet n'est pas visible, parmi une concurrence de plus en plus nombreuse, il n'aura pas atteint son objectif.

Un site se doit d'être visible et de faire vivre et progresser sa visibilité dans le temps par une démarche qui ressemble fort à ce que les sites de e-commerce pratiquent au quotidien.

Il est impératif de référencer son site et de le construire afin qu'il respecte les critères très changeants, qui conduisent à son classement par Google notamment. Sa vitesse d'affichage, oui, oui c'est un critère qui devient clef, la vie de son contenu,...Tous ces critères sont souvent peu ou pas maitrisés par les acteurs publics.


L'un des prochains épisodes de mon podcast traitera de cette dimension visibilité et référencement, appliqué aux offres des acteurs publics. C'est d'ailleurs l'une des actions que Territoires Agiles peut engager pour ses clients.



En conclusion : Il est urgent, pour les territoires, d'entrer dans la course


La SNCF a su réagir vite à une nouvelle géographie du travail qui peut la replacer au coeur des modes de transports, qui peut également réduire les nuisances et les pollutions vécues par les grandes métropoles. Une opportunité à saisir et à saisir efficacement par les territoires :

- en préparant les futurs espaces attendus par les télétravailleurs bientôt trop esseulés,

- en assurant, par leur vitalité et leurs visibilité, l'attractivité de ces offres nouvelles.



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